localisme



Mon vieux, la ruralité que tu rabâches est un principe de vie fondé sur l’immobilité. On est rural parce que l’on reste fixé dans une unité de lieu d’où l’on accueille le monde. On ne bouge pas de son domaine. Le cadre de sa vie se parcourt à pied, s’embrasse de l’œil. On se nourrit de ce qui pousse dans son rayon d’action. On ne sait rien du cinéma coréen, on se contrefout des primaires américaines mais on comprend pourquoi les champignons poussent au pied de cette souche. D’une connaissance parcellaire on accède à l’universel


Sylvain Tesson – Sur les Chemins noirs


"Fondamentalement, parler d'économie locale c'est parler d'une population vivant sur un territoire. Pour que les gens se sentent concernés et participent, le point de départ est de reconstruire avec eux des communautés fonctionnelles. C'est un besoin de la société  contemporaine, particulièrement depuis la crise financière. Les gens réalisent que des communautés locales en bonne santé ne sont pas seulement nécessaires à leur bien-être, mais quelles sont aussi le fondement de leur sécurité. Chacun était jusque-là obsédé par une idée: avec de l'argent je n'ai besoin de personne, je suis une île. Étranger à la vie, ce système fonctionne un peu, pendant un temps. Mais on se réveille un jour et on s'aperçoit que les chiffres sur le disque dur de l'ordinateur ne sont pas comestibles. Nous avons besoin de vraie nourriture, d'une vraie source de chaleur en hiver. Or pour obtenir ces fameux chiffres, nous avons détruit nos ressources les plus précieuses. Il nous faut redécouvrir la signification de l'être humain, la valeur de la vie et l'importance fondamentale du lien avec ce qui nous entoure."

Made In Local - Daniel Korten: Dépasser l'économie suicidaire