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"Depuis 1976, ça a tant change les cites-dortoirs ? Oui et non.

 Par rapport à la banlieue des années 60-70 d’où je viens, il y a beaucoup plus de Noirs et d’Arabes, on voit des foulards, c'est certain. Mais avec le décret simultané de la loi Veil et du regroupement familial par les nostalgiques de l'OAS et autres anti-gaullistes de l'UDF qui entouraient Giscard, comment s'en étonner ? En poussant les femmes de la moyenne bourgeoisie française à ne plus faire de gosses, tandis qu'on faisait entrer massivement sur notre territoire - régi par le droit du sol - des pondeuses du tiers- monde qui tournent a une moyenne de sept, on s'attendait a quoi ?


 Messieurs les porte- serviettes du Capital et autres plancheurs en loges, ne me dites pas que vous étiez bêtes au point de ne pas prévoir ?


 C'est vrai que plein d'Africains du Nord constituaient, sur le papier, une armée prolétarienne de réserve, de l'OS moins cher non syndique, plus toute une smala de futurs consommateurs sous-équipés. Quand on cherche les gros sous et l’obéissance, pour peu qu'on chie sur la France et son peuple, ça pouvait le faire... Seulement les esclaves ne viennent pas en terre de démocratie pour continuer a jouer les esclaves.


 Que voulez-vous, à force d’avoir les oreilles rebattues de notre belle égalité, ces cons en babouches ont fini par y croire... D’où ces récentes agitations bienveillantes pour les rappeler à la réalité.


 Fatale mutation mécanique, puis coups de pied au cul : situation résumée. "


 

Alain Soral - Misères du Désir.

 


« L'arme n'apporte pas seulement le complément de sa puissance matérielle. Elle offre à celui qui la porte le sens de l'autonomie, de la liberté. « Le Colt rend tous les hommes égaux » L'arme abolit la fourmilière et la médiocrité quotidienne. Elle restitue un certain sens tragique de la vie.

 

C'est bien ce que l'homme de nos sociétés uniformes, soumises aux seules motivations économiques, tente de retrouver, avec une telle fringale, dans un roman policier ou devant l’écran d'un film d'aventure, tandis qu'au milieu du crépitement des coups de feu, le héros, maître de lui, saisit son revolver, dont le barillet vide ne l'empêche pas de tirer...

 

Ne plaisantons pas. Nos sociétés sur-organisées et sur-réglementées, laissent inassouvie une grande soif d'horizons neufs, de poésie, d'aventure. Dans ce désert, l'arme est une source de rêves vivifiante. Elle s'adapte à la personnalité de celui qui la choisit. Chaque arme a un charme secret qui se révèle à celui qui lui est destiné. Cela est si vrai que l'on pourrait parodier le proverbe : « Dis-moi quelle est ton arme préférée et je te dirai qui tu es. » Celui qui possède une arme ne peut être un esclave. C'est sans doute pourquoi le degré de liberté de nos sociétés modernes peut s'évaluer, dans une certaine mesure, à la liberté des armes. Plus le conditionnement social, l'encadrement réglementaire, la tutelle politique, l'intolérance idéologique s'aggravent, plus la liberté des armes diminue.

 

On peut à ce sujet aisément répondre à certaines campagnes tendancieuses de maniaques anti-armes ou d'ignorants prompts à lancer le public contre quelques boucs émissaires avec de faciles effets sur le thème de la violence.

 

Certains exégètes des thèses de McLean (1) sur la présence de structures reptiliennes dans le cerveau humain, godillent à cœur joie sur ce bateau, passant allègrement de fragiles hypothèses scientifiques à de flamboyantes diatribes philosophiques. L'agressivité et son corollaire, la violence, voire les notions de propriété ou de patrie, auraient leur siège dans cette partie bestiale de notre cerveau. Quelques soins appropriés, grâce à une pharmacologie adaptée, permettront heureusement d'éliminer ces séquelles archaïques et infâmes, favorisant l'apparition de l'Homme nouveau des lendemains de la Conscience qui chante...

 

Outre que l'on a déjà entendu cette chanson-là sur d'autres flûtiaux avec accompagnement de chœurs de suppliciés, mon cerveau est mon cerveau. Peu me chaut d'en confier les transmutations à des inquisiteurs glacés doublés de sorciers en blouse blanche.

 

La violence est inséparable de la condition humaine. Affreuse en soi, elle n'en revêt pas moins, sublimée par l'imagination ou par l'action à laquelle elle est liée, certaines formes fascinantes, voire exaltantes. Les poèmes épiques, la geste de l'aventure humaine sont faits de violences transcendées. Aux yeux des peuples, c'est bien souvent la guerre qui sacre le héros. C'est absurde ou odieux ? Peut-être. Comme la vie. »

 

Dominique Venner – Le livre des Armes 1972

 

(1) McLean Man and his animal brain, 1964

 

                 

"Je hais la ville. J’ai besoin de voir loin, de respirer librement, de marcher au rythme qui me plaît sans me faire bousculer ou devoir zigzaguer entre des bovins hébétés. Je comprends la réaction des Goths devant Rome : « Vivre là-dedans c’est s’enterrer vivant. » Je comprends aussi la réponse d’Attila à l’empereur de Byzance : « tu as pensé m’éblouir par ton luxe, mais je mets mon honneur à vivre aussi simplement que le plus pauvre de mes guerriers »."


Robert Dun - Une vie de Combat



« M'appuyant sur le long manche de ma faux, je fais une pause dans mon travail au verger et j'enveloppe du regard les montagnes et le village en-dessous. Je m'étonne que les philosophies des gens en soient venues à évoluer plus vite que les saisons changeantes.


Le chemin que j'ai suivi, cette agriculture sauvage, qui paraît étrange à beaucoup, s'explique d'abord en réaction à l'évolution irréfléchie et constante de la science. Mais tout ce que j'ai fait en travaillant la terre ici à la campagne, c'est essayer de montrer que l'humanité ne sait rien. Parce que le monde marche dans la direction opposée avec une énergie si violente, il peut sembler que je suis rétrograde, mais je crois fermement que le chemin que j'ai suivi est le plus intelligent.

 

Ces dernières années le nombre de gens intéressés par l'agriculture sauvage a considérablement augmenté. Il semble que la limite du développement scientifique a été atteinte, on commence à avoir des inquiétudes, et le moment est venu d'un réexamen. Ce qui était perçu comme primitif et rétrograde est considéré maintenant subitement comme bien en avance sur la science moderne. Ceci peut sembler à priori étrange, mais je ne le trouve pas du tout étrange.

 

J'en ai récemment discuté avec le Professeur Iinuma de l'Université de Kyoto. Il y a mille ans au Japon, on pratiquait l'agriculture sans labourer, et la culture de la terre sur une faible profondeur n'a pas été introduite avant l'ère Tokugawa il y a 300 à 400 ans. Le labour profond a été introduit au Japon avec l'agriculture occidentale. Je disais que pour faire face aux problèmes futurs la nouvelle génération reviendrait à cette méthode traditionnelle consistant à ne pas cultiver.

 

Faire pousser des céréales dans un champ non labouré peut sembler à priori une régression vers l'agriculture primitive, mais, avec les années, cette méthode s'est révélée dans les laboratoires universitaires et les centres d'essai agricoles du pays, la méthode la plus simple, la plus efficace et la plus moderne de toutes. Tout en désavouant la science moderne cette manière de travailler la terre se place maintenant au tout premier plan du développement de l'agriculture moderne.

 

J'ai présenté cette « succession céréale d'hiver/riz en ensemencement direct sans culture » dans des journaux agricoles il y a vingt ans. Depuis ce temps-là et jusqu'à aujourd'hui, elle a souvent fait l'objet de publications et a été présentée au public le plus large dans les programmes de radio et de télévision, mais personne n'y a prêté beaucoup d'attention.

 

Aujourd'hui, tout à coup, c'est une histoire complètement différente. Vous pourriez dire que l'agriculture sauvage est devenue une grande mode. Journalistes, professeurs, chercheurs techniques viennent en foule visiter mes champs et les cabanes de la montagne.

 

Chacun la voit d'un point de vue différent, fait sa propre interprétation, et puis s'en va. On la trouve primitive, l'autre rétrograde, pour un autre c'est le pinacle de la création agricole, et un quatrième la salue comme une brèche dans le futur. En général les gens s'intéressent à cette forme d'agriculture uniquement pour savoir si c'est un pas dans le futur ou un retour à la vie du passé. Peu sont capables de saisir correctement que l'agriculture sauvage est au centre immuable et inchangeable de la vie agricole.

 

Dans la mesure où les gens se séparent de la nature, ils s'écartent de plus en plus de ce centre. En même temps une force centripète revendique ses droits et le désir de retourner à la nature grandit. Mais si les gens se laissent simplement gagner par la réaction, allant vers la gauche ou vers la droite selon la situation, le résultat c'est qu'un accroissement des efforts. On passe, sans voir le point immuable de notre origine qui se trouve hors du royaume de la relation. Je crois que même les actes de « retour-à-la-nature » et d'anti-pollution, si recommandables soient-ils, ne conduisent pas à un dénouement vrai, originel, s'ils sont uniquement menés en réaction au surdéveloppement d'aujourd'hui.

 

La nature ne change pas bien que la manière de la considérer change invariablement d'un âge à l'autre. Peu importe l'âge, l'agriculture sauvage existe pour toujours comme source de l'agriculture. »

Masanobu Fukuoka – La révolution d'un seul brin de paille (1975)

                     

"De même que l'homme s'édifie sur l'animal et ses contingences, de même il s'enracine dans tout ce que ses pères ont créé au cours des temps avec leurs poings, leur cœur et leur cerveau. Ses générations ressemblent aux strates d'un état corallien; pas le moindre fragment n'est pensable sans d'autres en nombre infini, depuis longtemps éteints, sur lesquels il se fonde. L'homme est le porteur, le vaisseau sans cesse métamorphosé de tout ce qui avant lui fut fait, pensé et ressenti. Il est aussi héritier de tout le désir qui avant lui en a poussé d'autres, avec une force irrésistible, vers des buts au loin drapés dans les brumes."

Ernst Jünger - La guerre comme expérience intérieure.