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"Une jeunesse digne de représenter la nation en guerre ne se crée pas d'après une méthode donnée ; elle doit surgir de l'énergie latente de la race et tous les moyens qui semblent avoir servi à l'éduquer découleront de cette même source à laquelle ce peuple doit sa jeunesse. Il est facile d'exiger dans les universités et dans les écoles une formation basée sur l'Histoire ; mais à quoi servent tous les exploits du passé, s'ils ne sont présentés et reçus dans un esprit qui ne se sente prédestiné à des actions semblables ? Il est tout aussi facile de prétendre que c'est l'art qui doit stimuler le sentiment national ; mais lorsqu'une conviction profonde ne préexiste pas, il n'en sortira que des monuments commémoratifs en plâtre et d'ennuyeuses peintures historiques. Il en va de même pour la famille, la société, l'armée, la philosophie et pour tout ce qui sert à influencer les hommes ; rien de tout cela n'est capable de créer de ces idées pour lesquelles on meurt ; cela se contente de représenter des idées, de les utiliser, de les exprimer, de les énoncer ; mais là où manquant les prédispositions profondes de l'âme, cela ne peut que gesticuler dans le vide."


Ernst Jünger - Le Boqueteau 125





« Germen – La racine biologique d’un peuple et d’une civilisation, le centre de son socle ethnique sur lequel tout repose.

Ce mot latin signifie « germe », « semence ». Quand la culture est atteinte, un redressement est possible. Quand le germen biologique est détruit, plus rien n’est possible. Le germen est comparable à la racine de l’arbre. Même si le tronc est abîmé et le feuillage émondé, l’arbre peut repousser. Pas si les racines sont arrachées. La comparaison vaut pour les civilisations. Le germen représente les racines ethno-biologiques; le tronc représente la culture populaire, et le feuillage la civilisation. Rien n’est perdu tant que le cœur du germen, des racines, est préservé. Cette métaphore vaut évidemment pour l’Europe d’aujourd’hui, dont le germen est gravement menacé.

Ce concept implique évidemment, au rebours absolu de l’idéologie dominante, que les cultures et les civilisations reposent (pas uniquement bien sûr mais principalement) sur des populations concrètes, ainsi que sur leurs hérédités physiques et mentales, c’est-à-dire sur le réel, sur la vie, autrement dit sur des caractéristiques bio-génétiques relativement invariables. Le contester par dogmatisme biologique est à peu près aussi intelligent et efficace que de nier la rotondité de la Terre, la circulation du sang, l’héliocentrisme ou l’évolution des espèces comme le firent, ne l’oublions pas, les ancêtres spirituels et intellectuels de l’actuelle idéologie dominante.


Le germen est ce qui demeure inaliénable, qui n’est la propriété d’aucune fantaisie individuelle et que chaque membre de chaque peuple doit transmettre à sa lignée. Un peuple peut renaître si sa culture est détruite, si sa religion ou sa spiritualité sont oubliées; il peut retrouver l’héritage des ancêtres et répondre à l’appel des traditions sorties de sa mémoire, les faire renaître. Mais si le germen bio-génétique est défiguré, aucune renaissance n’est possible, ou alors elle sera factice.


C’est pourquoi le combat contre le métissage, la dépopulation démographique et la colonisation allogène en Europe est encore plus important que les nécessaires mobilisations pour l’identité culturelle ou la souveraineté politique.
Toutes ces causes sont importantes, mais il y a un ordre de préséance fondé sur une urgence absolue. »


Guillaume Faye "Pourquoi nous combattons."

« La crise écologique n'est pas simplement une crise de gestion de ressources. Elle révèle la nature des relations que nous avons instaurés avec la vie non-humaine sur Terre. Le terme de « ressource » est d'ailleurs en lui-même tout un programme. Quelle est la valeur intrinsèque d'une ressource? Aucune. La seule valeur d'une « ressource » réside dans son utilité pour celui qui la désigne comme telle. La chosification du monde est la conséquence d'un changement lent mais profond de notre culture. La crise écologique est l'occasion de dévoiler que nous ne sommes pas simplement confrontés à un problème de gestion de moyens, de gestion de ressources, mais c'est une crise culturelle profonde dont les prolongements dépassent largement ce qu'il est convenu d'appeler la problématique écologiste.

L'humanité est devenue une force géologique planétaire et l'Europe a été au cœur de ce processus. Elle a donc produit une partie des anticorps qui permettront de mettre fin à la destruction de la beauté, de la grâce, de la vie libre et sauvage. Les Européens, comme premiers hôtes de la maladie, sont aussi ceux qui portent le remède. Nous portons ainsi le nouveau sens de la Terre en ce que nous pouvons, avec d'autres, fabriquer les anticorps qui permettront de résorber la mise en magasin de la vie. Pour cela il faut exister, pour cela il faut vivre, pour cela il faudra assumer l'impératif de puissance.

Sont sincèrement écologistes ceux qui cherchent à renverser l’oligarchie de l'argent, la mafiacratie des transnationales et à soutenir les alternatives économiques, énergétiques, technologiques, etc. Tous ceux qui luttent contre la souffrance animale, tous ceux qui luttent pour protéger les paysages, tous ceux qui cherchent à satisfaire leurs besoins autour d'eux et à servir leur environnement proche. J'ai exprimé mon sentiment en écrivant ailleurs ceci, « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend »."

Laurent Ozon, "France, les années décisives"




« La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandises. » La première phrase du Capital de Marx, doit être réévaluée à la mesure des technologies numériques personnelles, qui ne s’exposent pas sous le régime de l'étalage exprimant une forme de distance à l'abri des vitrines, mais comme des entités singulières destinées à chaque être, à l'instar des peluches d'enfant vouées à une relation exclusive, propice à un investissement symbolique empreint d'affect. C'est ce voile d'intimité qui enveloppe notre alliance récente à la technique, recouvrant une forme d'autorité rassurante toute maternelle. Empathie qui atteint une sorte d'acmé dans le smartphone, qui représente le comble du fétichisme technologique contemporain, par sa disposition à s'harmoniser au corps et à augmenter indéfiniment ses pouvoirs d'appréhension. Giorgio Agamben, dans Stanze, rappelle la généalogie de la notion de fétichisme, remontant au néologisme institué vers la fin du XVIIIème siècle par l'historien Charles de Brosses, qui souhaitant circonscrire un processus de glissement symbolique procédé au sein d'une même unité : « Pour de Brosses, il s'agit du transfert d'un objet matériel dans la sphère impalpable du divin. »


Dimension particulièrement à l’œuvre dans le phénomène du geekisme, qui consiste à rythmer sa vie à la cadence des innovations, conformément à une « culture » qui suppose que le cœur de l'intensité du monde réside dans la succession indéfiniment relancée des « merveilles technologiques » . La figure du geek ne renvoie pas seulement à un être féru de nouveauté mais à l'individu qui renoue avec la tradition du conte, rompant avec le désenchantement du monde analysé par Max Weber, pour déceler la réalité prégnante d'un « sacré prosaïque » ou d'un « surnaturel quotidien ».


Condition partagée par un nombre relativement restreint d'individus sur la planète, néanmoins reliés entre eux par l'exclusive de leur passion et de leur puissance d'implication, suivant un schéma qui dissout la dispersion et les frontières , par le fait d'une même adoration commune interconnectée et mutualisée, s'apparentant à une sorte de secte religieuse informelle et globalisée. Dévotion soutenue par les forums Internet, la quête incessante d'informations confidentielles, la diffusion de rumeurs, comme animée par des groupies de stars de la scène guettant les moindres mouvements de leurs idoles, mais épiant ici inlassablement les « créations » en germe bientôt appelées à se « dévoiler » sur le marché mondial.


Le geek développe un art aigu du temps, conscient de sa dimension éminemment instable (« Le temps c'est la transformation », Freud), imaginant le cours de la vie comme éternellement stimulé par la « naissance » virtuellement infinie d'artefacts, attestant de la bénédiction sans fin renouvelée du monde. Quotidien indéfiniment ponctué de surprises et de ravissements, épisodiquement scandé par quelles drames majeurs tel le décès de Steve Jobs en 2001 qui occasionna des hommages funèbres habituellement dévolus à des figures royales ou à quelques superstars du cinéma ou de la scène rock. L'inspirateur de l'iPhone à l'égal de Michael Jackson, suscitant par sa disparition des déchaînements de tristesse collective, sensibles dans les foyers de bougies allumées devant les « Apple stores », exprimant l'intensité visible et brûlante de la passion éprouvée à l'égard d'un être définitivement mythifié ou sanctifié par la mort, et qui aura concouru à intensifier les conditions ici-bas de l'existence. Le geekisme représente le comble du fétichisme porté à la technologie, développant un rapport érotisé et emprunt d'exclusivisme (à l'instar de ceux optant uniquement pour les Mac ou les iPad, suivant une structure similaire à celle de la relation amoureuse). Grossissement à l'excès, mais plus largement significatif de la mesure de notre attache à nos compagnons numériques, placée sous une sorte d'inféodation consentie et éblouie »


Eric Sadin "L'humanité Augmentée"